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Ma première série d’articles sur les serial killers, publiée en mars/avril 2024, vous avait bien plu et semble vous plaire encore… Voilà donc une nouvelle série, que je lance cette semaine avec grand plaisir ! D’où vient cette fascination que beaucoup d’entre nous nourrissent pour les homicides multiples, et plus particulièrement les tueurs en série ? L’obsession morbide pour les serial killers soulève de nombreuses questions éthiques. Où se trouve la frontière à ne pas franchir ?


La fascination que nous avons pour les serial killers n’est pas nouvelle. À l’automne 1888, les Anglais se passionnaient pour les crimes de Jack l’éventreur, qui éviscérait ses victimes, des prostituées. Cette affaire a été la première dont la visibilité a traversé les frontières européennes. À l’époque comme aujourd’hui, nombreux sont ceux qui ont voulu comprendre comment les tueurs identifient et éliminent leurs victimes. Cette fascination s’explique aussi chez certains par « un besoin de se protéger de menaces potentielles ». L’intérêt grandissant pour la criminalité n’est pas sans lien avec l’accroissement, au cours des dernières années, de la diffusion massive de contenus sur le sujet. Mais à force d’étudier les comportements des tueurs en séries, ne participons-nous pas à leur glorification ? D’après le professeur Dean Fido, un spécialiste américain, ces contenus permettent « l’humanisation de ces individus, car leur comportement est expliqué et contextualisé ».

Et si on essayait d’expliquer ce phénomène ?

Bien que moralement répréhensibles, les tueurs en séries font partie des gens qui réussissent à briser les codes de la société. C’est pour cette raison qu’ils suscitent une admiration inconsciente. Selon Martha Grace Duncan, professeure de droit à l’université Emory, l’admiration que nous avons pour les criminels fait partie intégrante de notre nature, « pour des raisons que nous sommes à l’aise d’admettre qu’à nous-mêmes mais qui sont trop douloureuses pour être avouées à voix haute ». Les tueurs en série ont, contrairement aux honnêtes citoyens, la capacité de donner libre cours à leurs penchants les plus sombres de manière assumée. « Ils agissent comme des enfants qui ne connaîtraient pas encore toutes les limites, sans être tenus responsables de leurs actes », continue Martha Grace Duncan. Ces tueurs deviennent alors le symbole d’un affranchissement des contraintes sociales.

Jack l'éventreur
Jack l’éventreur, qui a terrorisé Londres au XIXe siècle

« Dans la pensée psychanalytique postfreudienne, cela s’explique par l’idée que les Hommes sont conditionnés dès leur plus tendre enfance à canaliser leurs pulsions primaires. Nous ressentons tous des tendances sadiques et de l’ambivalence envers l’autorité », étaye Justine Quintin, qui a travaillé sur la fascination pour les auteurs d’homicides multiples. Pour combattre cette autorité, les tueurs en séries puisent dans des émotions comme la cupidité, le narcissisme ou encore le sadisme. Des sentiments que nous ressentons tous plus ou moins consciemment. Parce que les tueurs en série se caractérisent par cette agressivité assumée, ils suscitent une satisfaction inavouée. Deborah Jaramillo, professeure associée d’études cinématographiques et télévisuelles à l’université de Boston, remarque cependant que les femmes sont fascinées par les affaires de meurtres pour des raisons diamétralement opposées à celles des hommes. En s’intéressant aux enquêtes des affaires criminelles, ces dernières chercheraient à se prémunir du danger.

Quand tombent les masques…

Stéphane Bourgoin, qui s’est présenté comme un expert en criminologie, tout droit sorti de Quantico, a menti pour pouvoir approcher des serial killers. Il a fait croire qu’il avait perdu sa petite amie, assassinée par un tueur en série. Jusqu’à ce que l’on révèle la supercherie, en 2020. Ainsi, Stéphane Bourgoin s’est lui aussi affranchi des contraintes sociales. Mensonge après mensonge, il a basculé dans le narcissisme et a construit sa carrière sans remords. Le groupe 4e Œil Corporation est le premier à avoir repéré des incohérences dans ses discours. Une longue enquête a suivi. Les membres de 4e Œil Corporation ont décidé de contacter eux-mêmes les tueurs en série que l’imposteur prétendait avoir approchés. Prouver les mensonges d’un personnage médiatique, considéré depuis des années comme un criminologue notoire n’a pas été facile. Cette enquête minutieuse, et les sacrifices qu’elle comprenait, en valait la peine selon ses membres.


Comme tu peux le voir, des histoires en lien avec les tueurs en série, on peut en trouver encore. Ce sujet fascine, comme en témoignent les succès des différentes séries qui sont sorties sur des serial killers (merci Netflix !). Dans mon prochain article, je détaillerai ainsi l’histoire (connue, paraît-il…) de Jack l’éventreur. Avant de parler également des tueurs en série les plus terrifiants que le monde ait jamais connus. Et en attendant, je t’encourage à me dire ce que tu penses de cette nouvelle série d’articles !

2 responses to “ENTRE FASCINATION ET ÉTHIQUE : NOTRE OBSESSION PARADOXALE POUR LES TUEURS EN SÉRIE”

  1. […] avoir réfléchi à notre obsession paradoxale pour les tueurs en série, je m’en vais vous raconter l’histoire du meurtrier qui reste à ce jour probablement […]

  2. […] série d’articles sur les serial killers ! Démarrée en octobre, avec quelques lignes sur la fascination qu’ils provoquent en nous. Après avoir rappelé l’histoire de Jack L’éventreur, puis nous être demandés […]

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