Nous en avions déjà parlé dans un article dédié : les femmes sont relativement peu nombreuses dans le monde des tueurs en série, dominé par la gent masculine. En effet, dans les faits divers, on entend plus parler d’hommes qui assassinent à la chaîne que de femmes. Les femmes tueuses en série font ainsi figure d’exceptions… Mais pourquoi les hommes semblent-ils tuer plus que les femmes ?
Le meurtre en série n’est pas nouveau. Depuis l’Antiquité, les tueurs en série font l’objet d’articles dans le monde entier. Dans l’Europe du XIXe siècle, le Dr Richard von Krafft-Ebing a mené certaines des premières recherches documentées sur les délinquants sexuels violents et leurs crimes. Le meurtre en série reste pourtant un événement relativement rare. Cependant, il existe un intérêt macabre pour le sujet. Cette fascination a commencé à la fin des années 1880, après plusieurs meurtres commis par Jack l’éventreur, dont nous avons déjà parlé. Une grande partie des connaissances du grand public concernant les meurtres en série sont le produit de fictions. Le public est ainsi captivé par les criminels. Cela ne fait que prêter plus de confusion à la véritable dynamique du meurtre en série. Sans compter que la croyance populaire laisse croire que les serial killers sont presque exclusivement des hommes. Mais est-ce seulement vrai ?
Non, tous les tueurs en série ne sont pas des hommes !
En 1998, un ancien profileur du FBI a déclaré « qu’il n’y a pas de femmes tueuses en série ». Comme mentionné précédemment, les médias d’information et de divertissement perpétuent également les stéréotypes selon lesquels tous les délinquants en série sont des hommes et que les femmes ne se livrent pas à ces horribles actes de violence. Lorsque la violence et les meurtres commis par une femme sont présentés dans un livre ou un film, elle est le plus souvent dépeinte comme la victime manipulée d’un mâle dominant. Cette image médiatique populaire, mais stéréotypée, est cohérente avec les mythes traditionnels du genre dans la société qui prétendent que les hommes sont agressifs par nature tandis que les femmes sont passives. En réalité, l’agressivité et la passivité peuvent être apprises par la socialisation et ne sont pas spécifiques au genre.
La réalité concernant le sexe des tueurs en série est assez différente du mythe qui l’accompagne. Bien qu’il y ait eu beaucoup plus de tueurs en série masculins que de femmes au cours de l’histoire, la présence de tueuses en série féminines est documentée. Selon le FBI, aux États-Unis, environ 17% de tous les homicides en série sont commis par des femmes. Par rapport aux hommes, les femmes représentent un pourcentage plus élevé de meurtres en série que tous les autres cas d’homicide par des femmes, vérité contre-intuitive pour la croyance populaire du meurtre en série. Certains chercheurs avancent que le modus operandi des femmes plus « subtil » (comme l’utilisation de poison) et le fait qu’elles manipulent d’autres personnes pour perpétrer leurs actes, pourraient expliquer que les chiffres témoignent d’une majorité relative d’hommes tueurs en série arrêtés, les femmes échappant aux arrestations.
Quelle différence entre un homme et une femme qui tue ?
Une étude de 2019 a passé en revue 55 tueurs en série et 55 tueuses, qui ont commis leurs meurtres entre 1856 et 2009 aux États-Unis. L’objectif était de déterminer si des facteurs particuliers permettent de différencier hommes et femmes et d’expliquer pourquoi les hommes semblent plus enclins à tomber dans ce schéma violent et morbide. Les chercheurs ont utilisé la méthode des médias de masse pour recueillir des données. Ils ont analysé minutieusement des sources d’informations fiables comme l’Associated Press, Reuters, les réseaux de télévision et les journaux nationaux et locaux pour obtenir des données sur les meurtres en série. Les tueurs en série masculins et féminins ont tendance à choisir leurs victimes et à commettre leurs crimes de différentes manières, ce qui pourrait être dû à des milliers d’années d’évolution psychologique, à partir de nos ancêtres ayant vécu en tant que chasseurs-cueilleurs pendant environ 95% de l’histoire.
Les chercheurs avancent que les tueurs en série masculins ont tendance à « chasser » leurs victimes, tandis que les tueuses en série ont tendance à « cueillir » leurs victimes. Marissa Harrison, professeure agrégée de psychologie à Penn State Harrisburg, auteure principale de l’étude, explique dans un communiqué : « Historiquement, les hommes chassaient les animaux comme proies et les femmes rassemblaient les ressources à proximité, comme les céréales et les plantes, pour se nourrir. En tant que psychologue évolutionniste, je me suis demandé si quelque chose qui restait de ces anciens rôles pouvait affecter la façon dont les tueurs en série hommes et femmes choisissent leurs victimes ». Après analyse, les chercheurs ont découvert que les tueurs en série étaient presque six fois plus susceptibles de tuer un étranger. Tandis que les tueuses en série étaient presque deux fois plus susceptibles de tuer une personne qu’elles connaissaient déjà.
Les résultats de ces études laissent la porte ouverte à la réflexion. Alors qu’on vient de développer plusieurs sujets en lien avec les tueurs en série, il me reste un article à vous partager avant la fin de l’année. Il s’agira alors de se concentrer sur le profil psychologique des tueurs en série et le récit de leurs victimes. La boucle sera alors bouclée. Il sera temps pour moi de me concentrer sur l’écriture de mon prochain roman. Qui mettra en scène… un tueur en série !





Laisser un commentaire