Depuis plusieurs années, l’auto-édition n’a pas bonne presse. Les auteurs qui ont fait le choix d’être indépendants sont souvent critiqués. Normal. Le public, mal informé, se met à penser que seuls les auteurs refusés par les maisons d’édition se retrouvent à faire le choix de l’auto-édition. Et si on essayait de casser ces préjugés ? En prenant mon cas, car oui c’est celui que je connais le mieux. Je vais donc t’expliquer pourquoi j’ai choisi l’auto-édition, et pourquoi ça m’a convenu pendant dix ans. Tout en te disant, au passage, pourquoi j’aimerais tester un autre statut. Rien n’est jamais figé, tu devrais le savoir…
Jai 10 ans, je sais que c’est pas vrai, mais…
Cet article, j’ai voulu le rédiger pour faire écho à mes dix ans passés dans l’auto-édition. Tu peux penser que c’est long et qu’en dix ans, j’aurais pu avoir largement le temps de me faire connaître. Mais le constat est là : contrairement à d’autres auteurs indépendants, non je ne suis pas si connu que cela. L’auto-édition est loin d’être un long fleuve tranquille… Doutes et remises en question, c’est notre lot quotidien. Mais il y a une chose de sûre : pour rien au monde, je n’aurais changé quoi que ce soit dans mon expérience. Parce que j’ai toujours pu écrire librement. J’ai toujours créé les livres qui me plaisaient, en racontant les histoires que je voulais raconter. Aurais-je eu la même liberté dans une maison d’édition ? Je ne le saurai jamais. Mais je ne suis pas prêt à sacrifier cette liberté. Point à la ligne.

Pourquoi avoir choisi l’auto-édition ?
Comme je l’ai déjà expliqué plusieurs fois, je suis devenu auteur au printemps 2016, quand j’ai quitté ma fonction de Professeur des écoles. J’écrivais mon premier roman, et je souhaitais publier trois nouvelles au sein d’un recueil intitulé « Des Aventures Hors du Commun ». Je ne savais pas encore si j’allais envoyer le roman (« Double Face ») en ME, mais ce recueil de nouvelles m’a permis de me faire une première expérience. J’ai commencé à parcourir les réseaux sociaux, à la recherche d’informations concernant l’édition. Je suis tombé sur l’expérience de plusieurs auteurs : certains partageaient leur déception vécue en maison d’édition, où ils étaient mis de côté avec des contrats qui ressemblaient à de véritables arnaques ; d’autre part, j’ai lu des retours d’expérience d’auteurs auto-édités, qui semblaient épanouis même s’il leur était difficile de se faire connaître. De nature indépendante, j’ai décidé de me lancer dans l’auto-édition.
L’auto-édition pour les nuls…
Je continue mon histoire, qui nous amène entre 2016 et 2017. Après plusieurs recherches, j’ai créé mon auto-entreprise et j’ai choisi Amazon comme plate-forme d’auto-édition. Il en existe d’autres, mais chacun voit midi à sa porte. Ainsi, j’ai découvert toute la difficulté de tout faire soi-même, de l’écriture du livre à sa mise en page, jusqu’à la partie marketing et promotion. À chaque sortie, c’est pareil : il faut tout gérer, y mettre de soi en espérant que ça puisse fonctionner. Ce qui est rarement le cas, on ne va pas se le cacher. Les chiffres, pour ma part, ne sont pas exceptionnels, mais ce n’est pas le plus important. Ce qui importe, c’est que j’apprends toujours, tout le temps. Et ça c’est un aspect intéressant de l’auto-édition. Même si, parfois, on aimerait laisser quelqu’un de plus compétent assurer la promotion de nos livres, car ça fonctionnerait probablement mieux…
Et après ? Dix ans et édité en ME ?
Bref, après deux recueils de nouvelles, une novella et cinq romans, soit huit livres auto-édités en dix ans, je peux vous dire que je connais l’auto-édition. C’est un milieu impitoyable, où se faire connaître est pire qu’atteindre le sommet de l’Everest. Certains y sont arrivés, d’autres galèrent toujours. Peut-être que je ne fais pas tout ce qu’il faut, après tout. Mais en tout cas, même si les doutes persistent, je ne lâche pas. Parce que j’écris par passion. Et ça, rien ne le changera. Pourtant, pour mon prochain roman, j’ai bien envie de tenter la maison d’édition. Pas pour être connu ou quoi. Juste pour pouvoir lâcher un peu toute la partie marketing qui est lourde à porter. N’avoir qu’à penser à mon livre, et le défendre partout où je pourrai. Corps et âme. Ce qui se perd un peu quand on doit penser au reste.
Tu l’auras compris, j’ai choisi d’être en auto-édition et je ne regrette pas ce choix. La seule chose qui me pèse un peu, à force, c’est de devoir tout gérer moi-même. Je devrais peut-être m’entourer plus et demander de l’aide, mais ça a un coût. Alors, j’ai bien envie de tester l’aventure de la maison d’édition. De toute façon, rien ne me dit que mon manuscrit sera accepté. Mais si je veux que mon statut change, je dois tenter ma chance. Et si je reste en auto-édition, ça sera OK. Car je le répète : aucun regret. Chacun son chemin pour atteindre ses objectifs. Le mien, c’est de continuer à écrire des histoires, année après année. Et j’ai des idées plein mes tiroirs. Rendez-vous donc au prochain roman.




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