Maître de l’horreur : voilà comment on définit souvent Stephen King, qui a vendu des millions et des millions de livres à travers le monde. Et si j’ai choisi un titre un brin provocateur, c’est parce que depuis quelques années, je trouve qu’il n’est plus au même niveau qu’avant concernant les frissons qu’il est capable de donner à ses lecteurs. Notez bien que c’est un grand fan de l’auteur américain qui écrit ces lignes. Je suis donc le premier à regretter ce que je dis…
Avant les années 2000, Stephen King était le maître de l’horreur incontesté
Je me souviens des premiers romans de Stephen King. Je devais avoir la vingtaine. Je découvrais ce style horrifique et je parvenais très bien à imaginer ce qu’il décrivait dans ses histoires. Carrie m’avait fait peur, mais je crois que l’Overlook, dans Shining, m’avait encore plus effrayé. J’étais totalement dans la peau de Danny Torrance, au bord de l’apoplexie, et je m’en souviens encore ! Que dire des Tommyknockers ou encore de Cujo, ce chien pas comme les autres… Récemment, j’ai même lu Simetierre pour goûter de nouveau aux frissons provoqués par ces romans publiés avant les années 2000.
Il faut dire qu’à l’époque, Stephen King était au sommet de sa gloire. Capable d’écrire des histoires aussi surprenantes qu’addictives. C’est grâce à cela qu’il a construit sa légende. Vous ne le savez peut-être pas mais l’auteur américain était alcoolique et il faut croire que cela l’aidait à être efficace dans son écriture. « Quand j’ai écrit The Shining, je buvais beaucoup », a-t-il d’ailleurs déclaré dans des propos relayés par Le Figaro en 2013, lors de la publication de Doctor Sleep, la suite de Shining. Il paraît même qu’il se droguait également. C’est peut-être la clé de son succès… je devrais m’y mettre ! (phrase à ne surtout pas prendre au premier degré, au contraire…)
Et puis… l’accident qui a failli lui coûter la vie a tout changé
Il y a d’abord eu, vers la fin des années 1980, une prise de conscience familiale. Stephen King a arrêté de boire et a tout fait pour se départir de cette mauvaise addiction. Ce qu’il est parvenu à réaliser avec une certaine fierté. L’écrivain ne s’en est jamais caché : il a participé à des réunions des Alcooliques Anonymes, ce qui lui a permis de se sortir de l’alcoolisme. Mais c’est un autre événement qui, selon moi, a changé la manière d’écrire de Stephen King, qui parvient malgré tout à rester effrayant la plupart du temps. Pourquoi ? Parce qu’il joue sur l’empathie que le lecteur peut avoir pour ses personnages.
Mais alors, qu’est-ce qui a changé ? En 1999, l’auteur américain a été victime d’un grave accident de voiture qui aurait pu lui coûter la vie. Depuis, je trouve qu’il est moins cinglant. J’évoquais la suite de Shining, un peu plus haut, Doctor Sleep. Jamais ce roman n’a été à la hauteur du premier volume. D’autres sorties récentes, comme Après ou encore L’Institut, ont même été quelque peu décevantes. Ce n’est que mon avis et mon ressenti, mais je sais que certains lecteurs du King le partage.
Maître de l’horreur, un titre honorifique qui convient encore au King ?
La question se pose alors : Stephen King est-il encore le maître de l’horreur ? Je vous invite à lire la trilogie Mr Mercedes et surtout les premières pages du premier tome avant de répondre à cette question. La façon dont l’auteur américain décrit la scène du meurtre perpétré par Billy Hartsfield est d’une réalité qui fait frémir. Imaginer le bain de sang décrit par l’écrivain pourra vous donner quelques cauchemars. Alors oui, il n’est plus aussi percutant qu’avant mais il reste un des meilleurs auteurs du genre au monde.
Voilà pourquoi, d’ailleurs, j’attends avec hâte la sortie française de son dernier chef-d’œuvre : Holly. Ce roman reprend le personnage de Holly Gibney, apparu la première fois dans la trilogie Mr Mercedes aux côtés de Bill Hodges. Le livre sortira mercredi prochain, le 28 février, en France. À quoi peut-on s’attendre ? Je n’ai pas eu envie de lire les résumés pour garder une certaine forme de surprise. Mais j’espère que Stephen King reprendra définitivement son titre honorifique de maître de l’horreur.

